Les bons managers travaillent intelligemment, pas pendant de longues heures

Les heures supplémentaires peuvent sembler une bonne solution, mais elle n’est pas durable à long terme
Par Susanne Barth, Mars 2013
Travailler pour vivre ou vivre pour travailler ? Certes, nous souhaitons donner du sens à notre travail et pas uniquement une activité pour vivre. Cela demande de travailler d'une façon différente plutôt que de travailler plus durement.

C’est partout la même histoire : les journées des managers sont chargées entre l’organisation de réunions, les entretiens avec les employés et les supérieurs, la rédaction de rapports, les négociations avec les clients et les fournisseurs et les prises de décisions. Cela fait autant partie de la culture internationale du management que le fait d’avoir un assistant et une voiture de fonction.

Selon une étude de Kienbaum réalisée en coopération avec la Harvard Business Review, la majorité des managers travaillent de 50 à 60 heures par semaine. Près d’un quart d’entre eux travaillent même plus de 60 heures, ce qui représente une journée de travail de plus de 12 heures. Seuls 4 % ne travaillent pas le week-end.

Pourquoi ?

Outre la lourde charge de travail, d’autres raisons expliquent les longues journées de travail des managers. 57 % citent la reconnaissance liée au statut professionnel, le défi et le côté plaisant du travail. Rester longtemps au bureau est un indicateur important de performance élevée et promeut le développement professionnel. Près de 63 % des managers interrogés par Cary Cooper, professeur en santé et psychologie au sein des sociétés de la Lancaster University Management School, ont indiqué que les managers travaillant extrêmement longtemps étaient davantage promus, et 59 % ont admis en toute franchise qu’ils ne passaient beaucoup de temps au bureau que pour être vu en train de travailler longtemps. Les managers eux-mêmes considèrent les employés venant travailler le week-end ou restant tard le soir comme des employés « engagés » dans leur travail.

Les longues heures ne sont pas productives

Les managers ne font pas nécessairement d’heures supplémentaires pour traiter les problèmes urgents. La signification est souvent symbolique, la présence d’une personne au bureau étant une stratégie centrale dans la lutte pour le prestige. Des raisons objectives tels que le respect des délais et des dates de clôture jouent sans aucun doute un rôle dans le fait de rester plus longtemps au travail, mais il s’agit plus souvent de ne pas quitter le bureau avant le chef.

L’efficacité a peu à voir avec un tel comportement. Dans une certaine mesure, c’est la ferveur pour le travail qui incite les personnes à exagérer. Néanmoins, l’énergie des individus connaît ses limites. Nous ne sommes pas conçus pour rester concentrés pendant plus de 30 à 40 minutes d’affilée. Sur des activités normales, les performances d’une personne se réduisent significativement après 9 heures. Les tâches de routine peuvent continuer à être accomplies même si une personne est fatiguée, mais il est très peu probable qu’elle aura des idées brillantes dans un tel état. Près de 50 % des managers britanniques interrogés par Cooper ont avoué que travailler plus longtemps les rendait moins productifs.

L’instabilité économique augmente la pression

Les employés sont également affectés par de longues heures de travail. Dans de nombreuses entreprises, le nombre d’employés se réduit tandis que la charge de travail augmente. Dans un rapport sur le stress en Allemagne rédigé en 2012, 43 % des employés indiquaient qu’ils étaient convaincus que le stress sur leur lieu de travail avait augmenté au cours des deux dernières années. Plus de 17 000 employés ont été interrogés dans le pays sur les demandes psychologiques et les conséquences du stress et de la pression sur leur travail quotidien. La moitié des personnes interrogées travaillaient avec des délais serrés et sous pression. Près de 60 % ont indiqué devoir gérer plusieurs tâches simultanément. Près de la moitié étaient sans cesse interrompues dans leur travail. Les périodes de repos n’étant pas compatibles avec la charge de travail ou cette dernière étant trop importante, un quart des personnes ne prenaient pas de pause. 64 % travaillaient le samedi et 38 % le dimanche et les jours fériés.

Les heures supplémentaires ne sont pas un problème au début

Les employés qui aiment leur travail sont généralement plus axés sur les résultats et se soucient moins des heures passées à travailler. Les heures supplémentaires ne représentent souvent pas un fardeau pour eux. Les jeunes, en particulier, se lancent dans le travail avec enthousiasme. Au début, ils découvrent souvent le plaisir du monde professionnel. Ce n’est que plus tard que le sentiment qu’il sera difficile de maintenir ce rythme pour toujours peut naître. Les heures supplémentaires ne sont pas un problème au départ, elles le deviennent au fil du temps.

Les performances élevées sont vite perdues si vous ne faites pas de pause au détriment de périodes de repos plus longues. Vous ne vous en rendrez peut-être pas compte en général, mais une étude plus minutieuse montrera une nette différence en termes de qualité. Les employés souffrant de fatigue chronique prennent les mauvaises décisions. Pour la plupart des gens, il n’est pas recommandé de travailler en permanence plus de 50 heures par semaine.

Seuls 7 % des directeurs financiers interrogés dans une étude récente de Robert Half pensent que les heures supplémentaires ou les services additionnels ont augmenté la productivité de l’entreprise au cours de l’année précédente. Il semble donc que même les cadres dirigeants doutent du succès des heures supplémentaires. 

Le revers de la médaille

Les mesures de la réussite des employés sont souvent obscures et, pour ces derniers, une présence quotidienne est la seule indication sûre de leur potentiel. Effectuer des heures supplémentaires ne fait pas que démontrer son application. C’est un signe de loyauté et d’identification à l’entreprise et, dans une large mesure, un indicateur d’importance des partenaires et de la famille. Pour de nombreuses personnes, le travail ne fait pas simplement partie de leur vie, il la domine. Elles n’hésitent pas à négliger famille et amis et à risquer leur santé. Au final, les conséquences sont souvent les mêmes. La productivité et la motivation diminuent, et des problèmes surviennent dans l’environnement social. Cela touche tout le monde. Les femmes cadres ne travaillent qu’un tout petit peu moins que leurs homologues masculins. Travailler moins nécessite beaucoup de confiance en soi. Pourtant, aucune donnée n’existe pour démontrer que les personnes sont plus productives lorsqu’elles travaillent 60 heures au lieu de 40. Les bons managers travaillent intelligemment, pas pendant de longues heures.

Voici quelques tactiques pour travailler différement  :

1. Etre efficace

Il existe une différence entre être occupé et faire ce qu’il faut. Faire ne veut pas dire réussir.
Concentrez-vous sur le résultat général au lieu de vous laisser distraire par des problèmes mineurs.

2. Définir les priorités

Selon le principe de Pareto, 80 % des profits émanent de 20 % du temps utilisé. Cela signifie qu’un petit pourcentage de vos efforts génère un gros pourcentage de vos résultats. Demandez-vous quelles tâches créent des revenus/ont un impact et quelles tâches sont futiles ?

3. Produire des résultats

Avez-vous trouvé une nouvelle idée pour résoudre un problème difficile ? Avez-vous commencé à préparer la présentation de la semaine prochaine ? Ce sont ces résultats, et non le temps passé à travailler, qui conduiront votre entreprise vers le succès.

4. Déléguer

Si vous devez gérer une tâche qui vous demande trop d’efforts, voyez si quelqu’un d’autre peut vous aider. Libérez-vous des activités qui vous submergent ou vous rendent non productif.

5. Laissez faire

Chaque jour, nous faisons des choses que d’autres personnes devraient faire. Ce peut être parce que les responsabilités ne sont pas clairement définies, que des responsabilités se chevauchent ou que les membres de l’équipe ont besoin de plus d’informations et posent tant de questions que nous finissons par décider de nous en charger. Laissez couler !

6. Appliquer la réduction technique du travail

Chaque jour, votre manager vous donne davantage de travail. La plupart des employés essaient de compenser en travaillant plus. Mieux vaut appliquer la réduction technique de la charge de travail. Pour chaque nouvelle tâche, réduisez-en une ancienne dans la mesure du possible.

7. Eviter de relire les emails

Traitez-les une bonne fois pour toutes. Lorsque vous lisez un e-mail, décidez s’il faut y répondre et, le cas échéant, faites-le immédiatement. Près de 60 % de tous les e-mails, internes ou externes, ne requièrent pas de réponse.

8. Eviter la perfection en tout

Ne perdez pas de temps à créer un travail excellent lorsqu’un bon travail suffit. Utilisez le temps supplémentaire pour créer l’excellence lorsqu’elle en vaut la peine.

9. Signaler les problèmes

Rapportez rapidement les problèmes à votremanager et proposez des solutions possibles, comprenant une révision des mesures actuelles des projets.

10. Recharger vos batteries

Prévoyez des rendez-vous réguliers dans votre agenda, par exemple pour un dîner avec des amis, regarder un film ou simplement ne rien faire. Accordez à ces rendez-vous autant d’importance qu’à votre travail.
 

Sources :

- Etude de Kienbaum intitulée  “Worklife-Balance von Top-Managern” en coopération avec Harvard Business Manager, 2007.
- Cary Cooper, Quality of Working Life 2012: Managers’ Wellbeing, Motivation and Productivity, 2012, Chartered
  Management Institute.
- Sladjan Petkovic, Robert Half International, Workplace Survey 2012.
- Anna Loll, Wer zuerst geht, der verliert, faz.net, 25.09.2007.
- Judith Reicherzer, Lieber smart arbeiten als lange, Zeit online, 1999.
- Stressreport Deutschland 2012. Psychische Anforderungen, Ressourcen und Befinden. 1. Auflage. Dortmund:
  Bundesanstalt für Arbeitsschutz und Arbeitsmedizin, 2012.
 

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