Développement personnel October 04, 2018

Comment changer les comportements professionnels que vous n’appréciez pas

5 conseils pour vous débarrasser de vos mauvaises habitudes - Par Ioannis Lagoudakis, Senior Consultant

Réfléchissez quelques instants : quelles habitudes voudriez-vous éviter au travail ? Ne pas être suffisamment honnête quand votre responsable vous demande du feedback ? Vous plaindre du manque de soutien de vos collègues, mais sans en fait avoir sollicité leur aide ? Interrompre la personne qui parle en réunion ? Nous souhaitons tous modifier en partie notre comportement, mais cela nous paraît souvent trop difficile ou nous ne savons tout simplement pas par où commencer.

Voici quelques conseils si vous voulez vous lancer :

1. Savoir ce que vous voulez changer

Le mieux est l’ennemi du bien. Tout d’abord, identifiez ce que vous souhaitez changer. Choisissez le comportement qui vous gêne le plus et qui, si vous le modifiez, fera réellement une différence pour vous comme pour vos collègues. Il est possible aussi que ce comportement déclenche même d’autres habitudes agaçantes : le fait d’éviter de donner du feedback à votre responsable peut mener à un manque de soutien de vos collègues ou bien le fait d’interrompre la personne qui parle pendant une réunion plutôt que de l’écouter peut être le premier pas vers la micro-gestion : interrompre -> présenter une meilleure solution -> gérer la charge de travail supplémentaire au lieu de déléguer.

Soyez précis. Examinons en détail l’exemple « interrompre ses collègues ». On vous a déjà fait part de quelques plaintes à ce sujet et vous déplorez ce comportement. Dans quel contexte se produit-il ? Définissez de façon précise ce que vous souhaitez changer et quand vous voulez le changer. Cela vous aidera à trouver le meilleur moyen pour y arriver et à mieux évaluer votre réussite.

Notez tout. Observez votre comportement pendant une ou deux semaines, et notez les réponses aux questions suivantes :

• Dans quel contexte interrompez-vous vos interlocuteurs ? À chaque réunion ? Uniquement lors des discussions avec votre équipe ou également avec votre responsable ? Quelle est la fréquence de ces interruptions en réunion ? Combien de temps monopolisez-vous la parole ? Avez-vous tendance à interrompre les mêmes personnes quand vous discutez pendant la pause déjeuner ?

• Quel est votre sentiment avant, pendant et après votre intervention ?

• Intervenez-vous pour proposer une explication ? Pour réfuter un argument ? Pour suggérer une solution ? Comment votre entourage réagit-il face à ce comportement ? Que se passe-t-il après votre interruption ?

En vous intéressant aux détails, vous pourrez mieux comprendre ce que vous devez changer, et éventuellement pourquoi vous n’avez pas encore changé de comportement. Il est possible de détailler le comportement « ne plus interrompre la personne qui parle » comme suit :

Comportement souhaité :         ne plus interrompre la personne qui parle
À quel moment :                      en réunion d’équipe, à la fin de la journée
Sentiments :                             ennui, sentiment d’urgence
Conséquences :                        les autres s’arrêtent de parler, ils m’écoutent,
                                                ils suivent généralement mon conseil et la
                                                réunion se termine plus tôt

2. Réfléchir aux intentions qui se cachent derrière vos actions

Quel besoin souhaitez-vous satisfaire en adoptant ce comportement ? Quelle peut en être l’intention (cachée) ? Cela peut parfois être assez évident, il peut s’agir par exemple d’un sentiment de domination. Mais la réponse à cette question peut aussi être plus complexe, en particulier dans les situations où la conséquence négative d'un comportement est l'expression d'une intention positive. Par exemple, le fait de tout vouloir gérer dans le moindre détail peut être l’expression d’une volonté de prendre soin de votre entourage ou peut masquer un besoin de sécurité. Il est important de reconnaître les intentions positives pour pouvoir identifier le nouveau comportement à adopter afin de respecter cette intention et d’éviter les conséquences négatives de l’ancien comportement.

3. Trouver une alternative

Vous connaissez l’expérience de Pavlov, avec le chien et la cloche ? Pour changer de réaction, vous devez changer de stimulus. Plutôt que de tenir des réunions en fin d’après-midi, pourquoi ne pas les organiser en tout début de journée ? Vous serez sans doute ainsi plus concentré sur le comportement que vous voulez éviter. Parfois, le simple fait de modifier légèrement la situation peut, par défaut, aider à définir un autre cadre. Si le comportement à proscrire est de ne plus s’arrêter à la boulangerie tous les après-midis en rentrant chez vous, changez d’itinéraire. Essayez de partir plus tôt ou plus tard du bureau et voyez ce qui se passe. Vous devez tester différents stimulus pour trouver le meilleur moyen de changer votre réaction.
Une fois que vous aurez identifié l’intention qui se cache derrière votre comportement, vous serez plus à même de trouver une alternative. Si les idées qui sont présentées ne sont pas bonnes et que vous intervenez pour faire avancer la réunion, peut-être devriez-vous mettre un terme à cette réunion et faire en sorte que la préparation soit de meilleure qualité la prochaine fois. Vous pouvez aussi préparer les questions que vous allez poser afin d’aider les membres de l’équipe à aller plus loin dans leur réflexion (plutôt que de les interrompre).

4. Mettre en place un système de soutien

Comment pérenniser vos nouveaux comportements ? En exploitant au mieux les petites victoires et en vous remémorant l’histoire d’Ulysse :

i) Tout changer d’un coup est impossible : soyez prêt à affronter un échec, la première fois que vous testerez une nouvelle attitude. Par exemple, vous pouvez vous retrouver à interrompre une personne pour vous souvenir, à ce moment-là, que vous étiez censé lui poser une question. Vous en rendre compte est en soi une petite victoire. : ne baissez pas les bras. Pour changer un comportement de façon durable, vous devez persévérer et penser de façon positive.

ii) L’exemple d’Ulysse : Ulysse aimait les plaisirs, mais c’était aussi un homme prudent. Il a donc pris quelques précautions avant de s’aventurer dans le royaume des sirènes. Il a demandé à ses compagnons de se boucher les oreilles avec de la cire, puis de le ligoter au mât de son navire, et de resserrer ses liens à chaque fois qu’ils l’entendraient crier.
Cet exemple nous montre que parfois, la volonté seule ne suffit pas, et que nous devons faire appel à notre entourage. Faites part de vos observations aux membres de votre équipe. Dites-leur que vous êtes conscient de votre comportement et de ses conséquences négatives. Expliquez-leur le comportement positif que vous voulez adopter (poser des questions). Faites appel à leur soutien : désignez un membre de votre équipe qui vous signalera immédiatement que vous interrompez quelqu’un, et demandez à quelqu’un d’autre de noter le nombre de questions que vous poserez la fois suivante.

5. Gérer les réussites

En fonction du comportement à modifier, la réussite vient plus ou moins rapidement. Décidez de combien de temps vous vous accordez pour changer et notez un rappel dans votre agenda. Quelle sera la durée de cette période d’essai ? Un mois ? Six mois ? Comment savoir si vous vous comportez différemment ? Allez-vous suivre vos progrès avec un journal de bord ? Allez-vous demander du feedback à la fin de la période d’essai ? La capacité à contrôler votre comportement de façon consciente est un autre critère important de mesure.

Changer un comportement est un travail difficile, car il faut modifier l’ancien comportement et le remplacer par une nouvelle routine. Le fait de montrer à votre équipe que vous souhaitez changer est le meilleur moyen de prouver que vous faites ce que vous dites en matière de développement personnel et d’inciter vos collègues à vous imiter.

https://hbr.org/2012/09/ten-ways-to-get-people-to-change

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