Management March 06, 2019

Repousser les limites, d’année en année

Entretien avec Michael Gilgen, Consultant Krauthammer et ultra-marathonien

Michael Gilgen est l’un des rares ultra-marathoniens à avoir traversé quatre déserts différents au cours de la même année. Il est également Consultant Krauthammer basé en Suisse. Nous avons parlé avec lui de ses expériences en matière de course et de l'impact du sport sur les performances. 

1. Comment êtes-vous devenu ultra-marathonien ?

J’ai commencé à courir régulièrement à l’âge de 15 ans. J’ai participé à une course, juste pour m’amuser. Je m’en suis bien sorti et je me suis aperçu que j’étais bon dans ce domaine. J’ai d’abord parcouru de courtes distances, avant de passer progressivement au niveau supérieur : 5 km, 10 km, puis le semi-marathon, etc. En ultra-marathon, le tracé est plus long que la distance marathonienne traditionnelle de 42,195 kilomètres. Pour résumer, il s’agit d’atteindre des objectifs supérieurs aux précédents. Nous sommes toujours à la recherche d’un plus grand défi.

2. Quelles sont les qualités requises pour devenir ultra-marathonien ?

Il faut d’abord connaître ses motivations. C’est seulement ainsi que l’on peut développer la force mentale nécessaire pour supporter l’immense effort requis. Personne ne court par hasard. La course est toujours motivée par le besoin de donner un sens, qu’il s’agisse de liberté d’esprit ou de tester ses propres limites. Ma dernière course au Kenya était un parcours de 230 km, organisé en faveur des rangers qui protègent les rhinocéros. Lorsque l’effort est devenu difficile, il était bon de savoir que chaque pas représentait ma contribution à cette cause.

3. Comment vous préparez-vous pour un ultra-marathon ?

Je suis un plan de préparation physique pour rester en forme. Toutefois, pendant l’entraînement, on ne parcourt jamais une distance aussi longue que celle de la course. Je m’informe sur la surface et peaufine ma préparation : quelles sont les meilleures chaussures, quelle nourriture consommer pour répondre à mes besoins énergétiques, quel équipement envisager ? Tout ceci est assez complexe. J’apprends beaucoup en me documentant et en discutant avec d’autres coureurs.

Le reste est une question de mental. Il faut savoir respecter la distance, car sans le respect, ça ne fonctionne pas. Il faut aussi être prêt à surmonter ses peurs, qui sont omniprésentes. J’ai par exemple une phobie des serpents, que j’ai dû affronter lors du Jungle Ultra Run en 2017.

4. Pouvez-vous évoquer des moments sportifs difficiles et la manière dont vous les avez surmontés ?

En 2017, j’ai également participé à une course dans le désert de Namibie. J’étais déshydraté. Pour poursuivre dans de telles conditions, il faut vraiment vouloir franchir la ligne d’arrivée. J’aurais pu grimper à bord de la Jeep et me laisser conduire à l’arrivée. Je me suis dit : « Tu manques d’eau. C’est difficile, mais tu peux le surmonter. » On peut s’aider en visualisant des images positives. Pour moi, il s’agit d’images d’autres courses, d’obstacles que j’ai déjà surmontés. Ces coups de pouce mentaux peuvent vraiment vous aider. Il faut mobiliser son attitude intérieure positive et penser que « chaque point négatif présente aussi des côtés positifs ». Après avoir réussi, on peut se dire : « Tu peux survivre à beaucoup de situations. »

5. Quels éléments issus de la course pouvez-vous appliquer à votre travail de consultant ?

Les affaires sont également motivées par l’atteinte d’objectifs. Néanmoins, ces objectifs peuvent venir de la hiérarchie, et on peut éprouver des difficultés à les classer correctement. Lorsqu’une tâche vous est assignée et que vous n’en comprenez pas les rouages, il est difficile de se motiver et de se lancer. En tant que manager, il est important de réfléchir au but de la tâche que j’attribue à un collaborateur. Celui-ci sera seulement motivé s’il estime que la tâche en question a un sens. À cette fin, le manager doit être perçu comme un modèle et communiquer de façon claire. Lorsque les objectifs sont trop abstraits, la tâche n’a souvent que peu de sens pour les collaborateurs. Pourquoi devrais-je fournir des efforts supplémentaires pour l’accomplir ? Si l’objectif est inséré dans le bon contexte, bien communiqué et atteignable, alors tout est différent.

6. Quels conseils issus du domaine sportif pourraient améliorer les performances professionnelles ?

Les objectifs sont essentiels. Ils conduisent à une action déterminée et proviennent d’une vision. C’est la première chose que nous abordons dans notre formation en management. Comment impliquer mes collaborateurs ? Cela ne peut se faire qu’en trouvant du sens. En tant que manager, il faut penser à la chaîne ainsi : exiger beaucoup de moi-même – et de mon équipe –, aider les autres à progresser et faire preuve d’un comportement exemplaire. L’efficacité des collaborateurs dépend de leur compréhension du but de l’action, de leur volonté personnelle de l’accomplir, ainsi que de leurs compétences actuelles.

Le sport nous apprend aussi à ne pas tout donner d’un coup de manière frénétique, avant de nous effondrer immédiatement après. Mieux vaut parfois commencer plus calmement afin de pouvoir tenir la distance.

7. Conseilleriez-vous la course à tout le monde ?

Lorsqu’une personne ressent le besoin de courir, elle le fait. Je conseillerais plutôt de continuer à vivre sa propre passion, quelle qu’elle soit. Pour moi, c’est la course. Pour d’autres, ce peut être le sport collectif, la lecture ou le piano.

8. Quelle sera votre prochaine course ?

Fin avril, je participerai au BADWATER® Salton Sea. Il s’agit d’une course de 130 km sur les hauteurs de San Diego, à travers les déserts et sommets de la Californie du Sud. Nous devrons traverser différentes zones climatiques qui seront exigeantes. Le dénivelé est de 2 740 m et il faut courir par équipe de deux ou trois, car certains sentiers sont très difficiles.

À travers ses courses, Michael parraine la Fondation Théodora, qui égaye le séjour des enfants suisses hospitalisés avec l’intervention de clowns hospitaliers. michael-runs-for-kids

 

Sa prochaine conférence en anglais :

Winning is in the brain: what business can learn from sports

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Où et quand ?

Le mercredi 20 mars 2019
18 h - 20 h
au Crown Plaza Brussels Airport

 

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